Premier jour de tournage à la gare de Bligny-sur-Ouche ce lundi 13 octobre. Elle va être le lieu de la série « Nourrices », sur la vie de ces morvandelles qui partaient à Paris pour exercer le métier de nourrice. La gare a été choisie car elle est restée dans son jus grâce à une association locale.

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La gare de Bligny-sur-Ouche, en Côte-d’Or, va devenir la gare de Corbigny le temps de quatre jours. À partir de lundi 13 octobre, le tournage de la mini-série « Nourrices » commence. L’histoire retrace celle de ces femmes du Morvan qui montaient à Paris pour devenir nourrices, comme l’indique le nom de la série. Elles partaient en train. Pour reconstituer au mieux les années 1890, époque où se situe la série, l’équipe du tournage a fait appel au Chemin de fer de la Vallée de l’Ouche (CFVO). Une association de passionnés de trains à vapeur qui conserve la gare de Bligny dans son état de l’époque et entretient les machines. Certains bénévoles vont même participer au tournage.

Sous le soleil, ils font les dernières retouches. Ils graissent les rails, ils désherbent. Estelle fait partie du noyau dur de l’équipe, mais elle garde ses distances. Elle ne veut pas se gâcher la surprise. « Je n’ai pas trop envie de m’immiscer dedans. Je préfère avoir la surprise au moment où la série sortira et voir au dernier moment !« , annonce dans un sourire la bénévole.

Et la star du tournage : La Meuse, une locomotive de 1938. Dix-sept tonnes au total. C’est elle qui a été sélectionnée pour transporter les actrices qui vont jouer les nourrices. Dominique Robin est le vice-président de l’association. C’est lui qui est le mécanicien pendant le tournage. « Il va falloir qu’on fasse très attention à ce qu’on monte pas trop en pression. On va nous demander de redémarrer, de reculer, de reredémarrer, et de rereculer« , annonce d’emblée le retraité. « Pour la vapeur, il faut de la production. On va devoir faire une gestion du feu assez fine. » Un contrôle accru car l’équipe de la série l’a bien spécifié : il ne faut aucun bruit pour ne pas gêner le tournage. La limite à ne pas dépasser : « À partir de douze bars, les soupapes se lèvent et lâchent ! Et là, ça fait du bruit !« 

gare de Bligny-sur-Ouche
Pierre Bouvier (gauche) et Dominique Robin (droite) vont accueillir l’équipe du tournage de « Nourrices » pour quatre jours

Des allers-retours qui vont consommer. De manière générale, cela peut monter jusqu’à 300 kilos de charbon par jour par locomotive. Un matériau qui coûte très cher, notamment en raison la taxe carbone explique Pierre Bouvier, le président du CFVO. « Pour une petite association comme la nôtre, ça représente quasiment la moitié de notre budget. Quand on commande quinze tonnes de charbon, c’est 10 000 € de budget. Donc c’est très important. Il faut aussi avoir la trésorerie pour pouvoir l’acheter puis l’approvisionner. » Mais il faut aussi le trouver. Car le charbon s’amenuise, et est de plus en plus difficile à acquérir.

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L’association a mis à disposition de l’équipe du tournage quelques-uns de leurs objets personnels comme des tickets de train d’époque. © Radio France – FG

Une des solutions trouvée : les substituts. « Cela fait partie des sujets que tous les chemins de fer touristiques qui exploitent des machines à vapeur se posent. Là, on va faire des tests avec des ovoïdes, avec une sorte de boulet de charbon, de charbon aggloméré. De toute façon, on aura pas le choix si on veut pérenniser nos activités. Donc je pense qu’il faudra trouver un compromis entre du 100 % charbon et du 100 % matières recyclées« , précise encore Pierre Bouvier.

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La gare de Bligny-sur-Ouche va devenir la gare de Corbigny pour quatre jours. © Radio France – FG

« On est un peu nostalgiques de cette époque-là »

Pour ce qui est du tournage, quatre jours intenses qui attendent les bénévoles avec des journées de 6 heures du matin à 20 heures du soir. Mais pas de quoi décourager Pierre Bouvier. « On est un petit peu nostalgiques de toute cette époque-là, les années 1900 qu’on n’a pas connues finalement. Là, on va vraiment être plongé au cœur du truc, avec tous les gens seront en costume, il y aura les charrettes avec les ânes, il y aura la machine pour nous, les mallettes… Ça va être une expérience formidable, ça va être extraordinaire !« , s’exclame, les yeux brillants, le jeune homme.

Et l’amoureux des vieilles locomotives en est certain : ils vont se souvenir de ce tournage pendant au moins dix ans. La mini-série est prévue pour 2027.

(reportage ICI BOURGOGNE réalisé par Fanny Gelb)